Un family office est une organisation qui prend en charge l’ensemble des affaires patrimoniales d’une famille aisée : choix d’investissement, fiscalité, transmission, gouvernance, suivi des avoirs financiers et immobiliers. On distingue la version dédiée à un seul foyer et la version mutualisée entre plusieurs clients. En France, aucun seuil légal ne fixe le niveau de patrimoine à partir duquel y recourir : chaque acteur définit le sien.
Voici ce que recouvre ce métier, ses missions concrètes, le rôle du family officer, la façon dont il est rémunéré et les questions à poser avant de lui confier la gestion de vos actifs.
Family office : définition
Le concept est né aux États-Unis au XIXe siècle, quand les grandes dynasties industrielles ont eu besoin d’experts de confiance pour veiller sur leurs biens. Il désigne aujourd’hui un service global, pensé sur le long terme et souvent sur plusieurs générations, au service des intérêts d’un groupe familial.
L’expression ne correspond à aucun statut juridique en France. Comme le rappelle l’ACPR, le fait de recommander des placements ou de faire de la gestion de patrimoine n’est pas en soi une qualification juridique : ce sont les activités exercées qui déterminent le statut requis. Un acteur qui recommande des instruments financiers doit ainsi être conseiller en investissements financiers (CIF), immatriculé à l’ORIAS et placé sous le contrôle de l’AMF ; s’il recommande des contrats d’assurance vie, il doit aussi être intermédiaire en assurance.
Single ou multi family office
| Dédié à une famille | Mutualisé entre plusieurs familles | |
|---|---|---|
| Organisation | Équipe salariée par la famille ou sa holding | Équipe d’un cabinet indépendant ou d’une banque |
| Coût | Entièrement supporté par la famille | Partagé entre les familles accompagnées |
| Pour qui | Très grandes fortunes, situations très complexes | Dirigeants et familles au patrimoine important |
La formule dédiée, appelée single family office, offre une confidentialité maximale, mais son coût la réserve aux patrimoines de plusieurs dizaines de millions. La formule mutualisée, ou multi family office, donne accès à une expertise comparable pour un coût partagé : c’est la plus répandue parmi les family offices en France.
Les missions d’un family office
Ce qui distingue ce service d’une approche classique, c’est l’étendue de ses missions. Il ne vend pas un produit : il pilote la totalité des avoirs du groupe familial, en lien avec le notaire, l’avocat, l’expert-comptable et les banquiers du foyer.
- Stratégie patrimoniale d’ensemble : bilan patrimonial, définition des objectifs, répartition des actifs entre marchés cotés, non coté et immobilier.
- Sélection des supports : choix des gérants et des établissements, accès au private equity, aux club deals et à des opérations sur mesure, en architecture ouverte.
- Ingénierie juridique et fiscale : création de holding, démembrement, optimisation de la rémunération du dirigeant et préparation d’une cession d’entreprise.
- Transmission : donations, pacte Dutreil pour l’entreprise familiale, protection du conjoint.
- Organisation familiale : charte, réunions de famille, formation des héritiers.
- Reporting consolidé : une vision unique de tous les avoirs, quelles que soient les banques et les sociétés qui les portent.
- Services annexes : philanthropie, suivi des biens immobiliers, aide dans les projets de vie.

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Le rôle du family officer
Le family officer est l’interlocuteur unique de la famille. Il coordonne les experts, prépare les décisions et veille à la cohérence de l’ensemble. Sa fonction exige une expertise large : marchés, droit des sociétés, fiscalité, analyse financière, investissements immobiliers, mais aussi une vraie capacité d’écoute pour apaiser les relations entre générations.
Dans les multi family offices, il s’appuie sur une équipe d’ingénieurs patrimoniaux, de fiscalistes et de spécialistes de l’investissement. Il organise des comités réguliers et une feuille de route annuelle avec chaque famille.
Comment s’organise la gouvernance ?
La gouvernance fixe qui décide, comment et sur quels sujets, dans l’intérêt de tous. Elle repose généralement sur trois outils :
- Une charte familiale, qui formalise les valeurs, les objectifs communs et les règles de fonctionnement.
- Un conseil de famille, qui réunit les membres concernés pour les grandes orientations.
- Un comité d’investissement, qui valide les choix et suit les placements avec l’équipe du family office.
Cette organisation limite les conflits et prépare les héritiers à leurs futures responsabilités. Elle évite surtout que les biens accumulés par une génération ne se dispersent à la suivante.
Combien coûte un family office ?
Il n’existe pas de grille réglementée. Trois modes de facturation coexistent, parfois combinés :
- Des honoraires fixes, définis à l’avance pour une mission ou une année.
- Des honoraires proportionnels aux actifs suivis.
- Des rétrocessions versées par les sociétés de gestion ou les assureurs sur les produits souscrits.
Avant de signer, demandez le détail écrit de toutes les sommes perçues par le prestataire, y compris les rétrocessions, et vérifiez que le modèle retenu ne crée pas de conflit avec vos propres objectifs.
À partir de quel patrimoine ?
Aucun texte ne fixe de seuil. Chaque acteur définit le niveau d’actifs à partir duquel il accompagne ses clients, en fonction de son modèle économique et de ses coûts. Les formules dédiées ne se justifient qu’à partir de plusieurs dizaines de millions ; les formules mutualisées sont accessibles plus tôt. Au Cabinet IGC, notre service Family Office est ouvert dès 1 million d’euros d’actifs.
Le montant n’est pas le seul critère. La complexité compte autant : plusieurs sociétés, une cession d’entreprise en vue, des biens dans plusieurs pays, une famille recomposée ou des enjeux sur plusieurs générations justifient une stratégie globale. Pour une situation plus simple, un conseiller en gestion de patrimoine répond souvent aux besoins, avec une démarche tout aussi sur mesure.
Exemple : une famille après la cession de son entreprise
Prenons un dirigeant qui vient de céder la société qu’il a fondée. Il se retrouve avec un capital important, jusque-là investi dans un seul outil de travail, et trois enfants aux situations différentes. Ses questions sont nombreuses : comment répartir ce capital entre placements cotés, non coté et pierre ? Faut-il conserver une holding ? Comment aider les enfants à se loger sans créer d’inégalités entre eux ? Comment organiser la future succession ?
Un conseiller isolé répondrait à une partie de ces questions. Un family office les traite ensemble : il établit un état des lieux complet, propose une répartition cohérente avec l’horizon et la tolérance au risque du client, coordonne le notaire pour les donations et met en place un reporting unique. Les décisions restent celles de la famille ; l’équipe les prépare, les explique et en assure le suivi dans la durée.
Family office, banque privée ou CGP : quelles différences ?
| Family office | Banque privée | CGP | |
|---|---|---|---|
| Périmètre | Tous les actifs du foyer, y compris professionnels | Les avoirs déposés dans l’établissement | Les besoins exprimés par le client |
| Indépendance | Souvent en architecture ouverte | Produits maison en priorité | Variable selon le statut et la rémunération |
| Interlocuteur | Un family officer et son équipe | Un banquier privé | Un conseiller |
| Clientèle | Patrimoines importants et complexes | Clients fortunés de l’établissement | Tous niveaux de patrimoine |
Comment choisir le bon interlocuteur
- Vérifier les statuts sur le registre de l’ORIAS : un CIF doit y figurer et adhérer à une association agréée par l’AMF. Il ne peut pas recevoir de fonds de ses clients, hormis sa rémunération.
- Consulter les listes noires de l’AMF, qui recensent les sites et entités proposant des placements sans autorisation.
- Demander une lettre de mission précisant les prestations, la durée et le prix.
- Évaluer l’expertise de l’équipe sur vos enjeux : entreprises familiales, immobilier, international, sécurité financière de vos proches.
- Se méfier des promesses : aucun professionnel sérieux ne garantit un gain. Hors fonds en euros et livrets, tout placement comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Pour découvrir notre approche, consultez notre page Gestion de patrimoine, qui présente aussi nos services aux entreprises et à leurs dirigeants.
Pour aller plus loin
- Gestionnaire de patrimoine : rôle et notre accompagnement
- Le guide complet du bilan patrimonial gratuit
- CGP indépendant ou banque : le comparatif
- Rémunération du dirigeant : le guide
À découvrir aussi : Le service Family Office du Cabinet IGC.
Questions fréquentes
Vos questions sur le family office
Quelle différence avec un gestionnaire de fortune ?
Le gestionnaire de fortune s’occupe surtout de portefeuilles de titres. Le family office couvre l’ensemble de la situation : placements, fiscalité, succession, gouvernance et coordination des autres conseils.
Cette activité est-elle réglementée ?
L’appellation elle-même n’est pas un statut. En revanche, les activités exercées le sont : conseil en investissements financiers, intermédiation en assurance ou en opérations de banque supposent les statuts correspondants et une immatriculation à l’ORIAS.
Faut-il être très riche ?
Pour une structure dédiée, oui. Une structure mutualisée est accessible plus tôt, selon le seuil fixé par chaque acteur.
Peut-on obtenir une garantie de rendement ?
Non. Aucun professionnel sérieux ne garantit de résultat. Seuls certains supports, comme le fonds en euros ou les livrets réglementés, protègent le capital.
Avertissement : cet article a une vocation d’information générale et ne constitue pas une recommandation personnalisée.

Parlons de votre situation familiale
Transmission, cession, organisation des actifs : un conseiller du Cabinet IGC étudie votre situation et vous présente les services adaptés. Rendez-vous gratuit et sans engagement.
Sources
- ACPR, Je fournis des conseils en placements ou en gestion de patrimoine : statuts réglementés, consulté le 2 novembre 2026.
- AMF, Conseillers en investissements financiers : ORIAS, association agréée, interdiction de recevoir des fonds, consulté le 2 novembre 2026.





