Pour créer un cabinet de gestion de patrimoine, il faut réunir trois éléments : les compétences exigées pour chaque activité réglementée, les agréments correspondants (conseiller en investissements financiers, courtier, intermédiaire en opérations de banque, carte T pour l’immobilier) avec l’inscription au registre des intermédiaires, et une société pour porter l’activité. Comptez plusieurs semaines à quelques mois de démarches, et une trésorerie suffisante pour tenir le temps que la clientèle se construise.
Diplôme, agréments, forme juridique, budget, premiers clients : voici les étapes du projet, ce que cela coûte et comment sécuriser le lancement, seul ou en franchise.
Ce que fait un cabinet de gestion de patrimoine
Un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) accompagne des particuliers, des chefs d’entreprise et des familles dans la gestion globale de leurs biens : épargne et placements, immobilier, préparation de la retraite, transmission, fiscalité et financement. Il commence par un bilan patrimonial, définit une stratégie adaptée au profil et aux objectifs du client, puis met en place les solutions et en assure le suivi.
Le métier de CGP n’est pas une profession réglementée en tant que telle. Ce sont les activités exercées qui le sont : le conseil financier, la distribution d’assurance vie, la présentation d’un crédit ou la vente d’un bien immobilier exigent chacun un agrément précis. Selon l’offre proposée, un CGP cumule donc souvent plusieurs agréments. Sur le marché du conseil en patrimoine, cette polyvalence fait la différence face aux réseaux bancaires.
Les conditions pour devenir conseiller en gestion de patrimoine
Diplôme, formation ou expérience
Il n’existe pas de diplôme obligatoire de « CGP ». En revanche, chaque activité réglementée impose des compétences minimales. Pour le statut de conseiller en investissements financiers (CIF), l’instruction de l’AMF demande de justifier, avant l’entrée en fonction, de l’une de ces trois conditions :
- un diplôme national sanctionnant trois années d’études supérieures juridiques, économiques ou de gestion, ou un titre de même niveau (beaucoup de CGP sont titulaires d’un master en droit, en finance ou en gestion de patrimoine) ;
- une formation d’au moins 150 heures, suivie auprès d’un prestataire de services d’investissement, d’une association de CIF ou d’un organisme de formation ;
- deux ans d’expérience dans des fonctions liées au conseil en investissement, acquise au cours des cinq années précédant l’entrée en fonction.
Beaucoup de futurs CGP viennent de la banque, de la finance ou de l’immobilier et justifient leurs compétences par leur parcours de salarié. Les conseillers en reconversion passent le plus souvent par des formations certifiantes, voire par un master en gestion de patrimoine.
Les qualités qui font la différence
Au-delà des conditions d’accès, la réussite repose sur trois atouts : une solide culture juridique, fiscale et financière, un vrai sens commercial pour développer sa clientèle, et la rigueur nécessaire pour respecter des obligations de conformité nombreuses (connaissance du client, devoir de conseil, lutte contre le blanchiment). Le conseiller qui se lance devient aussi chef d’entreprise : gestion, recrutement, informatique et communication font partie du métier.
Les agréments à obtenir
Les agréments dépendent directement des produits proposés : chaque statut ouvre un type d’activité. Une activité de conseil patrimonial global réunit généralement les quatre suivants.
| Agrément | Ce qu’il permet | Principales conditions |
|---|---|---|
| Conseiller en investissements financiers (CIF) | Conseiller sur les placements : fonds, actions, SCPI, private equity | Compétences, adhésion à une association de CIF, RC pro, inscription au registre |
| Courtier en assurance | Distribuer l’assurance vie, le contrat de capitalisation, le PER, la prévoyance | Capacité, adhésion à une association agréée par l’ACPR, RC pro, inscription au registre |
| Intermédiaire en opérations de banque (IOBSP) | Présenter des solutions de financement : crédit immobilier, prêt in fine, crédit lombard | Capacité, adhésion à une association agréée pour les courtiers, RC pro, inscription au registre |
| Carte T (transaction immobilière) | Vendre de l’immobilier, notamment de l’immobilier neuf | Aptitude, RC pro, garantie financière si fonds détenus, carte délivrée par la CCI |
Conseiller en investissements financiers et courtier
Le CIF adhère à une association qui contrôle ses membres et organise leurs formations continues. Pour le courtage, la réforme a rendu obligatoire, depuis le 1er avril 2022, l’adhésion à une association agréée par l’ACPR pour s’immatriculer à l’ORIAS. Dans les deux cas, une RC pro couvre les conséquences d’une erreur de conseil.
La carte T pour l’immobilier
Pour vendre de l’immobilier, il faut la carte professionnelle « transaction », délivrée par la chambre de commerce et d’industrie (CCI). Elle suppose une aptitude (diplôme ou expérience), une RC pro et une garantie financière si l’agent détient des fonds de clients. Elle est valable 3 ans et son renouvellement suppose au moins 42 heures de formation continue sur 3 ans, dont 2 heures de déontologie. Un conseiller peut aussi intervenir sous le statut d’agent commercial pour le compte d’un titulaire de la carte.
L’inscription au registre des intermédiaires
L’ORIAS tient le registre unique des intermédiaires, dont les CIF, les courtiers et les IOBSP. L’inscription intervient une fois le dossier complet : justificatifs de compétence, attestation de RC pro, attestation d’adhésion à l’association. Elle donne lieu à des frais d’enregistrement et se renouvelle chaque année. Anticipez ce délai dans le planning de création : aucun produit ne peut être proposé avant l’inscription à l’ORIAS.
Quelle forme de société choisir ?
La forme juridique, fixée par les statuts de la société, est un choix distinct des agréments. Les options les plus courantes sont :
- la micro-entreprise, simple à gérer, mais limitée par un plafond de chiffre d’affaires et peu adaptée à une activité qui veut recruter ;
- l’entreprise individuelle, pour démarrer seul, avec un patrimoine professionnel distinct du patrimoine personnel ;
- l’EURL ou la SARL, qui conviennent à une structure plus installée, avec un gérant affilié au régime des indépendants ;
- la SASU ou la SAS, souvent privilégiées : grande souplesse statutaire, dirigeant assimilé salarié, ouverture facile du capital à des associés.
Le bon choix dépend de la rémunération visée, de la protection sociale souhaitée et des ambitions de croissance. Un expert-comptable peut simuler les options avant l’immatriculation.
Les étapes du projet
- Définir son positionnement : étudier le marché local et choisir sa cible parmi les particuliers, chefs d’entreprise, professions libérales, familles fortunées. La cible détermine l’offre, les agréments nécessaires, la tarification et la stratégie de prospection.
- Construire le plan d’affaires : dépenses de lancement, chiffre d’affaires attendu, délai pour atteindre l’équilibre. Ce prévisionnel financier sert à convaincre une banque et à piloter les premiers mois.
- Immatriculer la société et obtenir les agréments : adhésion aux associations, RC pro, inscription au registre et demande de carte T.
- Choisir ses partenaires et ses outils : assureurs, sociétés de gestion, banques, promoteurs, avec lesquels le CGP signe des conventions ; logiciel métier, outils de bilan patrimonial et de conformité.
- Lancer la communication : site internet, référencement local, réseaux professionnels, recommandations, partenariats avec des experts-comptables et des notaires.
Combien coûte la création ?
Le budget varie beaucoup : un conseiller seul qui reçoit chez ses clients n’a pas les besoins d’une agence avec un local et des collaborateurs. Les principaux postes de dépense sont :
- les formations, si la capacité professionnelle n’est pas acquise ;
- la création de la société, la rédaction des statuts et les honoraires de l’expert-comptable ;
- les cotisations aux associations et les frais d’immatriculation ;
- la RC pro et, le cas échéant, la garantie financière ;
- le logiciel métier et les outils de conformité ;
- le local, le matériel et la communication ;
- la trésorerie pour vivre pendant la montée en charge.
Ce dernier poste est souvent sous-estimé. Un conseiller en gestion de patrimoine se rémunère par des honoraires de conseil et par des commissions versées par les partenaires, dont une partie est récurrente et assise sur les encours. Ces revenus récurrents se construisent progressivement : prévoyez de quoi tenir le temps que la clientèle se développe.
Comment financer le lancement ?
L’apport personnel reste la base. Il peut être complété par un prêt bancaire, d’autant plus facile à obtenir que le plan d’affaires est solide, et par les dispositifs d’aide à la création d’entreprise. Rejoindre un réseau dont le modèle a fait ses preuves rassure aussi les prêteurs.

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Se lancer seul ou en franchise ?
Le CGPI qui se lance seul, sous le statut d’indépendant, garde une liberté totale, mais porte seul toutes les démarches : agréments, sélection des partenaires, informatique, conformité, communication. C’est souvent ce qui ralentit les premiers mois, au moment où il faudrait se consacrer à la stratégie commerciale et à la prospection.
Rejoindre une franchise permet de partager ces charges. Le franchiseur apporte une marque, des partenariats négociés, des logiciels, des formations et un accompagnement sur la conformité, en contrepartie d’un droit d’entrée et de redevances. Pour comparer les deux voies, lisez aussi notre article devenir indépendant en gestion de patrimoine.
| Critère | Seul | En franchise |
|---|---|---|
| Liberté de gestion | Totale | Encadrée par le contrat de franchise |
| Démarches et conformité | À organiser soi-même | Accompagnées par le franchiseur |
| Partenaires | À négocier un par un | Accès aux partenariats du réseau |
| Notoriété | À construire | Marque existante |
| Coût d’entrée | Frais de création | Droit d’entrée et redevances en plus |
Se lancer avec la franchise Cabinet IGC
Le Cabinet IGC est une enseigne de gestion de patrimoine et d’immobilier neuf qui compte 10 agences franchisées. Ses franchisés proposent une offre complète : immobilier neuf, assurance vie, placements, financement et optimisation fiscale. En rejoignant la franchise Cabinet IGC, le créateur bénéficie :
- d’un parcours d’intégration en six étapes, de la candidature au pilotage de la croissance ;
- de formations sur les pôles d’expertise de l’enseigne ;
- de l’accès à plus de 560 promoteurs, banques et assureurs partenaires ;
- d’outils métier, d’un accompagnement commercial et d’équipes support au siège.
L’investissement total est de 80 000 €, dont 20 000 € d’apport personnel et 20 000 € de droit d’entrée. Les franchisés détiennent 100 % de leurs encours.
Les erreurs à éviter
- Sous-estimer les délais réglementaires : adhésions, assurance et immatriculations prennent plusieurs semaines, pendant lesquelles aucun produit ne peut être proposé.
- Négliger la trésorerie : les revenus récurrents mettent du temps à se constituer.
- Multiplier les partenaires et les produits dès le départ : mieux vaut une gamme maîtrisée qu’un catalogue impossible à suivre.
- Oublier la conformité : connaissance client, lettre de mission et rapport d’adéquation sont contrôlés.
- Rester isolé : sans structure autour de lui, le conseiller passe plus de temps sur l’administratif que sur ses clients.
Questions fréquentes
Vos questions sur la création d’un cabinet
Peut-on créer un cabinet de gestion de patrimoine sans diplôme ?
Oui, à condition de justifier des compétences exigées pour chaque activité. Pour devenir CIF, une formation d’au moins 150 heures ou deux ans d’expérience au cours des cinq dernières années peuvent remplacer le diplôme.
Faut-il un local pour démarrer ?
Ce n’est pas obligatoire : beaucoup de conseillers démarrent en rendez-vous chez leurs clients. Un local renforce toutefois la visibilité et devient vite utile pour recevoir ou recruter.
Combien de temps faut-il pour se lancer ?
Comptez plusieurs semaines à quelques mois entre la création de la société, les adhésions, la RC pro et les inscriptions. Un franchiseur qui accompagne ces démarches fait gagner du temps.
Quelle différence entre un CGP et un CGPI ?
Le CGPI est un conseiller en gestion de patrimoine indépendant : il n’est rattaché ni à une banque ni à un assureur et sélectionne librement ses partenaires. Un franchisé reste un professionnel indépendant, chef d’entreprise, qui s’appuie sur la marque et les services d’une enseigne.

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Sources
- Instruction AMF n° 2013-07 sur les CIF : conditions de compétence, consulté le 26 octobre 2026.
- Direction générale du Trésor, la réforme du courtage : adhésion obligatoire à une association agréée, consulté le 26 octobre 2026.
- Présentation du registre unique des intermédiaires : catégories d’intermédiaires inscrits, consulté le 26 octobre 2026.
- Service-Public Entreprendre, devenir agent immobilier : conditions, durée et formation continue, consulté le 26 octobre 2026.




